À Loudéac, les élèves de Xavier Grall offrent le gîte et le couvert aux insectes.

Une trentaine d’élèves de troisième au lycée Xavier Grall de Loudéac, se mobilisent pour la biodiversité. Ils ont construit un abri où les insectes pourront s’abriter cet hiver et nidifier au printemps. Les uns scient, les autres coupent ou taillent. Dans le jardin situé à l’entrée du lycée, une quinzaine d’élèves travaillent le bois. Ce matin-là, ils s’affairent autour d’une grande structure. Charge à eux de la cloisonner et de l’aménager. Leur professeure, ne cherche pas forcément à faire naître des vocations de menuisier au travers de cet atelier, mais plutôt à éveiller ses élèves de 3e au respect de l’environnement. Un travail de sensibilisation à « l’importance des insectes par rapport à l’espèce humaine et aux animaux, amorcé avec eux au mois de septembre », explique la professeure de biologie-écologie. Maintenant que les élèves ont bien compris l’utilité des insectes, ils vont les protéger en leur offrant un toit ». « On leur offre le gîte et le couvert », s’amuse Edwige, guide nature et animatrice de l’association Identi’Terre, en charge du projet. « Le restaurant offert par les massifs fleuris du lycée accueille des insectes pollinisateurs comme des abeilles. Et l’hôtel leur permettra de disposer d’un abri pendant l’hiver. Elles chercheront des interstices avant de pondre leurs oeufs et élever leurs larves en leur apportant de quoi se nourrir, avec leurs va-et-vient entre le restaurant et l’hôtel. » Cette initiative répond aussi à une problématique : « Il devient de plus en plus difficile de laisser les insectes se débrouiller seuls, car on leur offre de moins en moins de place en termes de diversité. On trouve moins de bois morts dans les jardins, davantage de natures géométriques avec des espèces exotiques. Les plantes stériles achetées en jardinerie n’offrent pas de nourriture aux insectes. » Impact sur l’écosystème L’occasion de rappeler aux élèves le rôle vital des insectes pour l’Homme : « Ce sont de prédateurs sur les ravageurs de culture et des pollinisateurs des fleurs du jardin. Il ne faut pas oublier que 85 des plantes à fleurs dépendent des insectes pour se reproduire. Sans eux, pas de fruits, pas de légumes… » Autant d’arguments chocs qui font écho dans l’esprit des élèves. « Sans les insectes, la chaîne alimentaire va se casser, observe Louna. Ils sont utiles sur terre alors il faut en prendre soin. » Peu à peu, l’hôtel à insectes prend forme. Les élèves déposent et rangent minutieusement de la paille, des pommes de pin, des tiges de bambous… Une fois l’ouvrage terminé, abeilles solitaires, chrysopes, mégachiles et de nombreux autres insectes n’auront plus qu’à s’installer dans cet habitat de substitution, où ils devront cohabiter pendant l’hiver. « Cloisons, étages et multiplicité de matériaux devraient permettre à chacun de trouver sa place dans cette HLM à mixité sociale », conclut l’animatrice. (OF du 07/11/2020)