Une formule d’intégration par le théâtre en classe de seconde à la Ville Davy de Quessoy.v

Chaque année en Octobre, depuis quatre ans, un dispositif permet l’intégration de l’ensemble des élèves des deux classes de seconde. Découvrons comment cette formule est perçue par les différents acteurs : professeur, élèves et professionnels du théâtre.

Madame Morgane Carré, professeur de français et responsable de cette mise en place nous expose la démarche et ses atouts.
L’objectif principal est de libérer la parole. En effet, on rencontre souvent des faiblesses en expression orale et un travail en amont dans ce domaine est reconnu comme prioritaire. De plus, dans les programmes, les différents genres littéraires sont étudiés. De ce fait, rentrer par la pratique du théâtre donne du sens. Les élèves commencent par étudier les textes et apprendre leur rôle pendant trois semaines avant la venue de professionnels .Ceux-ci travaillent ensuite pendant une semaine entière la mise en scène, le jeu d’acteur et terminent par deux représentations (aux élèves du lycée et aux parents). Les atouts de cette formule sont incontestables. Cela crée une obligation de rencontre, de se révéler, de s’étonner et d’étonner les autres. C’est un accélérateur phénoménal de la confiance en soi, du rapport aux autres et donc du vivre ensemble. De plus, le théâtre oblige à développer de la rigueur, de la solidarité et de la cohésion lorsqu’il s’agit de monter sur scène. Je n’y vois que du plus. On en sort épuisés mais si enrichis de ces rencontres tant sur le plan humain que sur le plan du savoir.

Du côté des élèves, quelques paroles.

On a appris à se lâcher devant tout le monde, à prendre la parole…. C’est vrai que si on nous avait seulement proposé sans nous l’imposer, on n’aurait pas osé le faire. On comprend mieux le sens des textes. Je n’ai pas eu peur de me tromper dans les cours. Lorsque nous avons des poésies, j’ai plus de confiance et j’ose mettre en voix. On peut parler librement …………………On a appris rapidement à se connaître. Je vais maintenant voir des pièces.

Du côté des intervenants professionnels (Zouliha Magrit et Christophe Duffay du théâtre du Totem de St-Brieuc)

Nous avons une expérience de plusieurs années de ce type de formule ou chaque intervenant s’occupe d’un groupe de quinze élèves. C’est un temps fort concentré sur cinq journées qui oblige les élèves à s’investir totalement. Les timides sont mis en avant pour qu’ils trouvent leur place et les exubérants doivent pouvoir se contenir. C’est parfois difficile pour certains de se concentrer, de sortir d’eux, de trouver un équilibre dans les groupes. Mais on crée un climat de confiance et on avance, on développe des capacités et des attitudes. En général, nous ne travaillons pas sur une pièce mais sur un montage à partir de divers textes d’un auteur ou à travers un thème comme cette année sur la révolte. Les choix sont réalisés avec Mme Carré. Pour nous ce type de dispositif est une valeur sûre, on sait où l’on va. Le théâtre est une leçon de vie, de rapport à l’autre et dans ce cadre là, il est pleinement vécu.